7 ENTRE NOUS - Stedo

28 octobre 2020 à 10h37 - 398 vues

Stedo : «  Découvrez de nouveaux auteurs de BD, ils en ont bien besoin »

« Sauve qui peut », c’est le titre du nouvel album des Pompiers, une série BD qui cartonne en librairie et qui en est déjà à son 20e tome. Son dessinateur, Stéphane Dauvin, alias Stedo, habite à Fays-les-Veneurs, dans la commune de Paliseul dont il est par ailleurs échevin. Il était notre invité dans « 7 entre nous ». Extraits de son interview dont on peut retrouver l’intégrale en podcast.

DESSINATEUR DE BD, SON RÊVE D’ENFANT.- « A Paliseul, quand j’étais petit, il n’y avait pas grand-chose à faire. J’étais assez solitaire comme garçon. Vers 5-6 ans, j’ai commencé à dessiner. Je dessinais beaucoup dans ma chambre. Sinon, il y avait le foot pour le côté plus collectif. C’est un sport que j’adorais. Et puis, je lisais énormément, surtout les grands classiques de l’époque, Tintin, Astérix, Lucky Luke. J’ai lu des tonnes et des tonnes de Bob et Bobette. Depuis mes six ans, j’ai envie de devenir dessinateur de BD. Je n’étais pas sûr d’y arriver, mais c’est ce que je voulais. »

PREMIÈRES ARMES DANS SPIROU.- « Après mes études à Saint-Luc à Liège, je savais déjà vers quel type de bande dessinée je souhaitais me diriger. J’étais assez classique dans mes goûts, et j’ai décidé de contacter Dupuis et Fluide Glacial. J’ai fait mes premières armes dans Spirou. Au début, ce n’était pas évident. Je n’avais pas énormément de boulot. Je vivais encore chez mes parents, mais après un moment, mon père m’a dit : « C’est bien gentil, tes petits Mickey, mais tu vas aller travailler, maintenant ! » Je me suis retrouvé pendant deux ou trois mois chez L’Oréal dans les shampoings et les teintures. Et un dimanche matin, le rédac’chef de Spirou est venu chez mes parents et il m’a proposé deux planches par semaine pendant un an. Cela m’a permis d’en vivre, et j’ai abandonné les colorations. »

AVEC UN PAPA POMPIER.- « En discutant au téléphone avec Olivier Sulpice, le directeur de la maison d’édition Bamboo, je lui ai expliqué que mon papa était pompier. Il a proposé spontanément qu’on lance une série sur ce sujet. Je n’ai même pas fait une page d’essai. Je ne connaissais pas le scénariste, Christophe Cazenove, et on a travaillé à distance pendant un an. Habituellement, ça ne se passe pas comme ça. Il faut monter un dossier d’une dizaine de pages, avec un argumentaire. Ça a démarré presque par hasard et je suis le premier surpris que ça continue encore vingt ans après. »

TRAVAIL À DISTANCE AVEC LE SCÉNARISTE.- « Avec Christophe Cazenove, le scénariste, on a pris le parti dès le début de ne pas nous inspirer d’histoires que des pompiers pourraient nous raconter. Ce qu’ils vivent est parfois drôle, mais aussi parfois glauque ou triste. Nous voulons faire une BD tous publics, pas uniquement aux pompiers ; il faut que tout le monde puisse être intéressé. Avec Cazenove, après vingt ans de travail en commun, on se comprend tout de suite. La distance qui nous sépare n’est absolument pas gênante. C’est un super professionnel qui travaille avec plein de dessinateurs. C’est le nouveau Raoul Cauvin de la BD. »

UN SUJET SÉRIEUX, DES GAGS RIGOLOS.- « Le thème du nouvel album, Sauve qui peut, est la violence à laquelle les pompiers sont de plus en plus souvent confrontés lors de leurs interventions. C’est un phénomène qui s’aggrave. Je me demandais comment Christophe Cazenove allait s’en sortir pour traiter ce sujet avec humour. Il y a un fond sérieux mais les gags sont quand même rigolos. Le message passe sur le ton de l’humour. »

DES AUTEURS DANS LA DÈCHE.- « Je me rends compte de la chance que j’ai de pouvoir vivre de mon métier de dessinateur BD. J’ai une série, Les Pompiers, qui tourne bien, et je touche des droits d’auteur. J’ai un éditeur qui suis mes projets et qui les défends. Mais pour beaucoup d’auteurs qui s’auto-éditent, c’est très compliqué actuellement. Ils vendent leurs albums surtout en festival, mais pour l’instant, il n’y a plus de festival. Beaucoup de copains auteurs sont dans la dèche. Il faut que les gens achètent des bandes dessinées, pas forcément les plus connues. Découvrez des auteurs que vous ne connaissez pas, ils en ont besoin. »