7 ENTRE NOUS - Saule

08 octobre 2020 à 15h35 - 985 vues

« En Gaume, j’écoute le silence »

Saule sortira un nouvel album en janvier prochain. Un premier extrait rayonne déjà : un superbe duo avec Alice on the Roof, « Mourir plutôt crever ». Saule habite désormais en Gaume, une terre où, plus jeune, il est venu en vacances au camping de Sainte-Cécile. Aujourd’hui, il y savoure le repos, en contraste avec la vie d’artiste qui le comble par ailleurs. Car il goûte aussi à l’ivresse des concerts et des rencontres avec le public. Morceaux choisis dans la longue interview qu’il a accordée à 7 FM en invité de « 7 entre nous »,

LA GAUME, UN ENDROIT MAGIQUE.- « Je suis venu en Gaume quand j’étais scout, et puis surtout il y a une quinzaine d’années où on allait en vacances en famille au camping de Sainte-Cécile, un petit camping super sympa le long de la Semois. L’endroit est assez magique. J’ai toujours adoré la Gaume, une région à part. »

UN CONCERT FOU AUX ARALUNAIRES.- « Un concert qui m’a halluciné et qui reste dans le top 5 de tous mes concerts, c’était aux Aralunaires à Arlon dans une cage d’escalier. Un truc de fou, tout à fait atypique ! J’étais tout en bas, l’escalier était en colimaçon, le public était au-dessus de moi. Le lendemain, j’avais un torticolis parce que j’avais passé toute la soirée à regarder les gens au-dessus de moi. Je n’avais jamais fait un concert où le public m’entourait comme ça en hauteur. C’était absolument génial, ça m’a même inspiré ensuite de faire un concert qui s’est appelé « Le Tour no tour de Saule » où j’étais au milieu et les gens autour de moi ».

LE BONHEUR D’ÉCOUTER LE SILENCE.- « Avant, je vivais à Bruxelles et tout était plus proche. Ma maison de disques est sur Bruxelles, on va à Paris en Thalys en 1h10, c’est quand même plus pratique qu’ici. Mais je me suis vite rendu compte que même si les trajets allaient me prendre plus de temps, ce que me manquait le plus, quand je ne suis pas en concert, en studio, en répét’ ou en promo, c’était mon confort de vie, le repos. Je suis tout le temps en train de turbiner. Quand je rentrais dans mon appartement à Bruxelles, je n’étais pas dans le calme. Il y avait les trams, les métros, les bagnoles… une espèce de stress permanent. J’avais l’impression de ne jamais goûter au repos. Ici, en Gaume, je me pose parfois dans le jardin avec mon chérie et je lui dis « Écoute ». Écouter quoi, me demande-t-elle. Rien, le silence… »

CHARLIE WINSTON, UN VRAI AMI.- « L’amitié avec Charlie Winston était déjà là avant qu’on fasse Dusty Men ensemble. Elle s’est consolidée parce que, outre notre duo, Charlie a produit l’album Géant, et ce fut un superbe prétexte pour apprendre à se connaître de plus en plus. Aujourd’hui, Charlie est vraiment un ami à moi. »

JOUER EN PUBLIC, C’EST L’IVRESSE.- « Avec le confinement, j’étais comme un lion en cage. Je n’en pouvais plus de ne pas jouer. Heureusement, certains organisateurs ont commencé à se casser la tête. Ils ont prévenu les artistes que ce serait des petites jauges, qu’il n’y aurait pas les cachets habituels, que les contraintes sécuritaires seraient fortes, mais ils pouvaient offrir l’opportunité de faire des concerts. J’ai toujours dit que peu importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’ivresse. Aller jouer, renouer avec le public, c’était l’ivresse pour moi. Et si le flacon est plus petit pour le moment, on s’en contente. C’est vital aussi pour les gens d’accéder à la culture, on les en a privés trop longtemps. Il faut de la culture vivante, pas que Spotify et Youtube. Avec ce qu’on traverse, l’art a plus que jamais une place majeure pour insuffler du positif, de la dérision, de l’imagination. Les gens sont dans une espèce de marasme, une forme de phobie ambiante a été créée. Il faut évidemment vivre avec certaines réalités, mais il y a énormément d’exagération et de climat de peur. J’ai pu faire une petite dizaine de concerts cet été, dans des lieux complètement improbables, et c’était très chouette. Qu’il y ait 10 personnes, 100 ou 50.000, j’y vais avec la même fougue ! ».

LE NOUVEL ALBUM, UNE AVENTURE HUMAINE.- « Mon nouvel album sortira fin janvier. Au départ, j’ai été enregistré douze titres à Paris avec mes musiciens. Quand je suis rentré chez moi avec mes douze chansons, je me suis dit que ce n’était pas mon album. Ça ne remettait pas en question les musiciens et les gars avec qui j’avais travaillé, mais en termes d’écriture, je m’étais assis dans quelque chose de confortable. Il n’y avait pas cette excitation que j’ai besoin de ressentir quand je fais un disque. J’ai dû aller trouver mon label qui avait mis un gros budget sur la production de mon disque et leur expliquer que mon album n’était pas fini. Ils m’ont dit de prendre le temps nécessaire pour écrire de nouvelles chansons. Les nouveaux morceaux, je les ai faits à 100% à la maison, pas en studio. J’ai tout fait tout seul, les musiques, les arrangements… Dans cette période où je m’ennuyais un peu, j’ai eu envie de secouer le saule et d’aller à la rencontre des gens. J’ai fait deux chansons avec Puggy et Girls in Hawai qui ne chantent pas sur l’album. Je fais un duo avec Cali, un autre avec Alice on the Roof ; j’ai travaillé avec DJ A.R.T. et le violoniste Cédric Sottiaux ; je vais enregistrer un morceau avec Ours, le fils Souchon. Cet album est une vraie aventure humaine et musicale. »