7 ENTRE NOUS - Jennifer Deneffe

12 novembre 2020 à 06h20 - 335 vues

Jennifer Deneffe : « J’écris pour le bonheur de transmettre des émotions »

 

Médusa, c’est le titre du roman à suspense écrit par Jennifer Deneffe. Médusa, c’est aussi et d’abord le titre d’une peinture qui attire tous les regards au musée des Offices à Florence. C’est de là qu’est né le second roman, noir, déjanté, étonnant, très littéraire, de Jennifer Deneffe. Extraits de son interview dans l’émission « 7 entre nous ».

 

UNE VRAIE ARDENNAISE.- « Mes grands-parents sont originaires de Petitvoir et j’ai grandi à Libin. Je me suis retrouvée à 12 ans Libramont où j’ai passé toute mon adolescence. J’étais convaincue que j’allais devenir vétérinaire. J’ai toujours adoré les animaux. J’ai dû renoncer à ce choix de carrière à cause de nombreuses allergies. Mais j’aime toujours autant la nature, on respire autrement en province de Luxembourg. Cela fait partie de moi et cela a aussi des répercussions importantes sur mes valeurs humaines. Il y a un côté brut et sincère chez nous. Je suis une vraie Ardennaise. »

TRANSMETTRE DES ÉMOTIONS.- « J’ai toujours aimé lire, et je pense que cela vient de mon père. Il avait une bibliothèque énorme. Petite, je lisais du Mauriac ou du Baudelaire. C’était mon environnement éducationnel. Progressivement, j’ai commencé à écrire. Chez ma grand-mère à Petitvoir, j’avais un petit cahier et j’écrivais déjà des histoires. J’ai toujours écrit, jusqu’à devenir biographe et à me lancer ensuite dans le fictionnel. Ce qui m’a conduit au métier de biographe, c’est la triste disparition de ma grand-mère dont j’ai voulu raconter la vie. Je me suis rendu compte que le récit de vie était quelque chose de passionnant, de généreux, d’empreint de gratitude. Je suis écrivain pour le bonheur de transmettre des émotions. »

MÉDUSA S’EST IMPOSÉE.- « Le fictionnel, c’est l’envie de créer des personnages pour faire rêver ou pour faire peur, toujours dans l’esprit de partager et d’avoir une relation avec l’autre. J’adore aussi m’amuser avec les mots. Pour Médusa, je n’ai pas le sentiment d’avoir décidé d’écrire cette histoire. Elle s’est imposée à moi. J’ai fait la connaissance de Caravage et de sa peinture Médusa voilà trois ans à Florence. Son visage est resté dans mon esprit. A Disneyland Paris, j’ai rencontré un personnage atypique, une naine qui avait un énorme charisme. Plus tard, j’ai vu un personnage avec un petit oiseau greffé à l’oreille. Tout cela a mijoté dans mon cerveau, et cela a construit quelque chose dans mon esprit. De façon frénétique, je me suis jetée dans l’écriture de cette histoire. »

LE BIEN ET LE MAL AU CŒUR DU ROMAN.- « Quand on se relit, ça peut faire peur de se dire qu’on peut imaginer un monstre comme le personnage central Carine Baratini. Un monstre qui, cela dit, n’a pas eu de chance. Je ne sais pas comment on en arrive à imaginer de tels personnages. Le Bien existerait-il sans le Mal, et inversement ? La question est au cœur de mon roman. Aujourd’hui, on a tendance à radicaliser toute position et on n’est plus dans cette nuance qui fait toute la richesse de notre société et qui la colore. »

SOUVENIR DE L’IMPRIMERIE COLPIN.- « Les Éditions Lamiroy ont décidé d’éditer l’une de mes nouvelles, Pseudonymes. J’en suis ravie pour trois raisons. D’abord, parmi les auteurs qui ont écrit pour cette collection Opuscules, on retrouve par exemple Adeline Dieudonné ou Francis Groff. Ensuite, j’ai écrit cette nouvelle suite à une rencontre hors du commun avec un clochard dont les confidences m’ont touchée. J’ai exacerbé cette histoire qui est devenue celle d’un ténor du Barreau qui se retrouve à la rue. Enfin, les nouvelles de Lamiroy sont imprimées en format de poche, et le papier me rappelle celui de l’imprimerie Colpin à Redu. Cela me rappelle mon enfance, je me souviens y être allée avec maman et elle m’avait offert une citation imprimée sur ce papier-là de Bernanos: Le pessimiste est un imbécile malheureux et l’optimiste est un imbécile heureux. »