7 ENTRE NOUS - Jean-Philippe Florent

06 novembre 2020 à 06h09 - 302 vues

Jean-Philippe Florent : « L’urgence sanitaire
est l’urgence absolue aujourd’hui »

Jean-Philippe Florent est le premier député régional d’Ecolo Luxembourg. Il siège au Parlement wallon depuis un an et demi. Comment le travail des députés se poursuit-il en pleine crise Covid-19 ? Comment rendre compatibles les réponses à l’urgence sanitaire et celles à l’urgence climatique ? Que pense le député Florent des suppressions de services annoncés ces jours-ci par la Province de Luxembourg ? Morceaux choisis, extraits de son passage dans l’émission « 7 entre nous » que vous pouvez par ailleurs écouter en intégrale.

DE BEAUX PROJETS AVEC DES GENS INTÉRESSANTS.- « A la fin de ma rhéto, je ne savais pas bien ce que je voulais faire. Les questions politiques en général m’intéressaient énormément. A la maison, on était très influencés par la presse. J’ai adoré mes années d’études de journalisme à l’IHECS. J’ai aussi aimé me confronter au métier de journaliste, que j’ai exercé pendant quelques mois seulement et qui est en relation avec toute la société, de la politique au sport, à la culture, aux associations, à la société civile,… La valeur des différentes expériences de ma vie professionnelle, c’est les collègues. Ma drogue à moi, c’est d’avoir de beaux projets avec des gens intéressants. »

HUMILITÉ ET SENS DES RESPONSABILITÉS.- « Tout petit, j’ai été sensibilisé à la question de l’environnement. Je recevais la revue du WWF, ça résonnait chez moi. L’emballement du climat m’interpelle énormément. J’ai vraiment l’impression qu’on ne prend pas encore assez toute la mesure de ce qui peut arriver dans peu de temps. Sans plan de carrière, en 2012, je me suis présenté pour Ecolo à la Province, et cela a été un élément déclencheur. Avoir siégé comme conseiller provincial, cela a été une bonne préparation pour mon mandat de député wallon car la Province est à cheval sur beaucoup de compétences communautaires et régionales. Je suis entré au Parlement wallon avec une grande humilité. Chaque décision a des répercussions pour nos concitoyens et cela demande un sens des responsabilités. »

CHANGEMENT DE CAP EN COURS.- « Réduire de 55% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, sincèrement, c’est très ambitieux. C’est possible avec de réels efforts. Malgré le covid, nous avons commencé à opérer ce changement de cap, et il fait accélérer les mesures. Cela touche la mobilité, à l’industrie, à tous les secteurs de la vie, à la façon de produire et de consommer. Je suis très satisfait de voir que d’autres niveaux de pouvoir nous rejoignent : le niveau fédéral, l’Union européenne et maintenant le Japon se sont alignés sur ces 55%. »

SAUVER DES VIES.- « Le covid, ce sont des conditions dantesques. L’urgence sanitaire est l’urgence absolue aujourd’hui. On doit sauver des vies, soulager le personnel hospitalier et les hôpitaux. Mais malgré le covid, le réchauffement climatique continue. Cet été, j’ai été frappé par le niveau de sécheresse dans les champs, comment il a affecté le travail des agriculteurs. Nous devons travailler sur les aspects climat et biodiversité, tout en veillant à ce que la transition énergétique permette la solidarité et la lutte contre les inégalités. L’éradication de la pauvreté est un projet que nous portons au niveau du Parlement wallon. Il doit rester une boussole pour nous. »

LES 4.000 KMS DE HAIES, ÇA AVANCE.- « Le projet emblématique de plantation de 4.000 kilomètres de haies ou d’un million d’arbres avance bien. La ministre Céline Tellier a directement mis en place une task force qui englobe tous les acteurs : les pépiniéristes, les milieux agricole et forestier, les parcs naturels (celui de Gaume, par exemple, plante des kilomètres de haies chaque année). Une première vague de plantations aura lieu très prochainement, et cela va s’amplifier. L’objectif tient la route, je suis optimiste. »

CULTURE ET SANTÉ PRIORITAIRES.- « Une partie des services que la Province de Luxembourg va supprimer doivent être repris par la Wallonie ou la Fédération Wallonie-Bruxelles, ceux qui sont essentiels et utiles à la société. Cette réforme des provinces est voulue par Ecolo et nous devons l’assumer. Mais nous ne souhaitons certainement pas la suppression de services qui concernent la culture ou la santé, par exemple. Ces aspects doivent être mieux soutenus à l’avenir en province de Luxembourg qu’ils ne l’ont été dans le passé. Les subsides reçus par les acteurs culturels luxembourgeois étaient scandaleux par rapport à ce que reçoivent les autres provinces wallonnes. Cela dépend aussi des projets et on doit amplifier notre capacité, en province, à mener des projets. »

UNE VISION GLOBALE POUR LES SOINS DE SANTÉ.- « Conserver cinq centres hospitaliers en province de Luxembourg, ce n’est pas tenable avec le financement prévu par l’INAMI. Une restructuration était nécessaire. Mais Ecolo n’a jamais fait mystère du fait que nous sommes opposés à l’implantation d’un centre hospitalier à Habay-Houdemont et à son gigantisme. La localisation est mauvaise du point de vue de l’aménagement du territoire. En revanche, je suis un fervent partisan du soutien et de l’investissement dans le secteur hospitalier. On doit conserver des soins hospitaliers de qualité en province de Luxembourg. Il faut aussi se soucier de la première ligne. On a vu comment les généralistes sont confrontés au problème du Covid. Ce qu’on leur a demandé était presque inhumain. Revaloriser le métier d’infirmier est une évidence depuis des années et cela éclate au grand jour aujourd’hui. On a besoin d’une vision globale. Houdemont ne va pas régler tous les problèmes, mais va malheureusement demander des moyens financiers très importants. Que le projet ne soit pas maîtrisé au plan financier est une vraie crainte. Et ce sont des moyens qui ne seront pas dévolus pour répondre à d’autres besoins du secteur des soins de santé. »